AMSME

DECLARATION

DECLARATION

ASSOCIATION MAURITANIENNE POUR LA SANTE DE LA MERE ET DE L’ENFANT (AMSME)

 A l’occasion de la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes   et les 16 jours d’activismes contre les violences suivi de la journée Mondiale de droit de l’homme

 

 En faisant une particularité à la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes   ou la directrice de l’ONUFEMMES déclare en 2016

 

 « Nous croyons à un monde où les femmes et les filles peuvent s’épanouir et se réaliser en paix aux côtés des hommes et des garçons, en partageant et en tirant profit de sociétés qui valorisent leurs compétences et reconnaissent leur leadership.

 

 « Nous œuvrons pour la réalisation de cet objectif dit elle, nous témoignons  que la violence à l’égard des femmes et des filles a un impact dévastateur sur les individus et la société.

Les femmes et les filles victimes de violence perdent leur dignité et vivent dans la peur et la douleur. Dans les cas extrêmes, elles y laissent leur vie.

 

La violence réduit considérablement les libertés auxquelles nous pouvons toutes et tous prétendre : le droit d’être en sécurité chez soi, le droit de marcher dans la rue sans être agressé, le droit d’aller à l’école, le droit de travailler, le droit de se rendre au marché etc..

 

 Nous devrions être en droit de nous attendre à ce que les auteurs de tels actes soient punis, que justice soit faite et qu’un soutien psychologique et des soins pour les blessures soient prodigués.

 

 Pour ce faire des engagements ont été pris par nos dirigeants lors de la 3ème Conférence internationale pour le financement du développement du 3 au 16 juillet 2015 à Addis Abeiba 

Comme rappel :

 

 Nous réaffirmons que la concrétisation de l’égalité des sexes, l’autonomisation des femmes et des filles et le plein exercice de leurs droits fondamentaux sont essentiels à la réalisation d’une croissance économique et d’un développement durables, ouverts à tous et équitables.

 

Nous réaffirmons la nécessité d’intégrer le souci de l’égalité des sexes, notamment par le biais de mesures et d’investissements ciblés, dans l’élaboration et la mise en œuvre de toutes les politiques financières, économiques, environnementales et sociales.

 

Nous prenons à nouveau l’engagement d’adopter et de consolider des politiques viables, une législation ayant force exécutoire et des mesures novatrices en vue de promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes et des filles à tous les niveaux, d’assurer à la femme les mêmes droits, les mêmes accès et les mêmes possibilités de participation et de prise de décisions dans le domaine économique qu’à l’homme et d’éliminer la violence et la discrimination sexistes sous toutes leurs formes.

  

Où en sommes-nous en Mauritanie par rapport à ces engagements ? 

 

 Les violences de toutes formes dirigées contre les femmes et les enfants s’observent tous les jours dans notre pays et sont devenues un véritable phénomène de société, constituant  une violation flagrante des droits fondamentaux de la personne humaine et leurs conséquences sont devenues un problème de santé publique, des jeunes femmes, des filles et même des enfants en bas âge sont régulièrement victimes de viol, de kidnapping, de traite, de violences conjugales, de harcèlement sur les lieux du travail , des menaces sont souvent observées dans les lieux publiques au niveau des marchés, dans les rues , au niveau des écoles , dans les taxis etc.. comme principales solutions c’est la culpabilisation des femmes et c’est l’impunité souvent des auteurs de ces crimes odieux.

 

 Pourtant notre pays a ratifié les conventions Internationales (CEDEF, CDE), protégeant les femmes et les enfants contre les violences .mais nous sommes au regret de constater que, face à ces situations dramatiques précitées, les mesures pratiques adoptées restent timides et insuffisantes, et qu’elles sont loin d’atténuer les souffrances des femmes et des filles.

 

  S’ajoute à cela qu’en 2014 la Mauritanie a reçu 55 recommandations du comité de la CEDAW, parmi celles-ci l’adoption d’un projet de loi criminalisant les violences et à notre connaissance aucune des recommandations n’est encore mise en œuvre à part l’élaboration du  plan d’action sur les violences qui manque toujours de financement.

 

 En tant que société civile nous demeurons, cependant, convaincues de pouvoir compter sur l’engagement des autorités à soutenir et à protéger les droits des femmes et des enfants, et souhaitons que cela se traduit par des actions concrètes et urgentes en faveur de la protection des femmes et des enfants contre toutes les formes de violences.

 

Nous recommandons 

Comme urgence

 

L’adoption de la loi cadre sur les violences et Révision du code du statut personnel

 

Doter le centre Mère et enfant d’un appareil pour pouvoir faire l’examen de l’ADN afin d’aider les femmes à pouvoir prouver les actes de violences

  

Créer un service de médecine légale en Mauritanie

 

Appuyer les centres d’assistance aux victimes gérer par les ONG et créer des centre d’assistance qui relèvent de l’Etat pour la pérennisation de l’assistance

 

Créer un fond spécial pour l’autonomisation des femmes victimes

 

Mettre en œuvre les recommandations de la CEDAW avant le prochain rapport prévu en 2018

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mot de la présidente

 

En 1999, lorsque nous avons eu l’idée de lancer une ONG pour défendre les droits des femmes et des enfants mauritaniens, nous étions  loin d’imaginer combien cette entreprise allait être exaltante. En effet,  nous n’avions pas mesuré l’ampleur des besoins et à mesure que  l’AMSME grandissait, les attentes semblaient prendre aussi en importance

   Zeïnabou Mint Taleb Moussa

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